Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 May

Burundi: reprise timide des manifestations au lendemain de violents affrontements

Publié par SAIDICUS LEBERGER  - Catégories :  #Burundi

Les manifestants opposés à un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza.
Les manifestants opposés à un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza.

Les manifestants opposés à un troisième mandat du président burundais Pierre Nkurunziza ont repris vendredi matin à Bujumbura, où des dizaines de jeunes tentaient de remobiliser au lendemain d'une journée marquée par de nombreux et violents affrontements avec la police.

Après des affrontements aux allures de guérilla urbaine jusqu'en début de soirée, la nuit a été relativement calme dans les quartiers périphériques de la capitale, foyers de la contestation anti-troisième mandat depuis qu'elle a débuté fin avril. Selon la Croix-Rouge, deux manifestants ont été tués jeudi.

Vendredi matin, une quarantaine de manifestant parcouraient la principale rue de Cibitoke (nord), au son strident de leurs sifflets pour tenter de faire descendre les habitants dans la rue.

Dans le quartier voisin de Mutakura, une centaine de contestataires faisaient de même: "on essaie de regrouper les gens, après on ira dans les quartiers voisins pour faire le nombre", a dit un manifestant.

Un journaliste de l'AFP s'est vu refuser par la police l'entrée de Musaga (sud), où les affrontements sont particulièrement violents depuis mercredi. "C'est pour votre sécurité", a expliqué un policier, affirmant avoir reçu l'ordre d'interdire l'accès du quartier à la presse.

Selon un habitant, des tirs sporadiques ont été entendus à Musaga pendant la nuit.

"Il y beaucoup de policiers dans la rue pour nous terroriser", a renchéri Steve, un manifestant. "Les regroupements ont commencé mais pour l'instant, il n'y a pas d'affrontements".

Des policiers étaient postés à l'entrée de chacun des quartiers, où les barricades ont été retirées.

Jeudi, les tirs nourris de la police à travers ces quartiers contestataires n'étaient une nouvelle fois pas parvenus à dissuader les manifestants, qui espèrent faire renoncer le président Nkurunziza à briguer à un troisième mandat lors de la présidentielle du 26 juin.

Les anti-troisième mandat le jugent anticonstitutionnel et contraire aux accords de réconciliation nationale d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue et meurtrière guerre civile (1993-2006, quelque 300.000 morts). Le camp présidentiel juge la démarche parfaitement légale.

Ce vendredi est aussi convoqué devant le parquet Innocent Muhozi, patron de la radio-télévision Renaissance qui avait été, comme les autres principaux médias indépendants, attaquée par des pro-Nkurunziza lors du putsch manqué visant le président la semaine dernière.

Le journaliste a expliqué avoir été convoqué à des "fins d'enquête" mais a dit ignorer les raisons précises de sa convocation. Son média avait diffusé les messages des putschistes, comme les autres radios indépendantes, dont les patrons se cachent aujourd'hui, par crainte d'être arrêtés ou par peur des représailles des partisans du pouvoir.

(AFP)

Commenter cet article