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28 Apr

Roch Kaboré : « Il n’y a pas de chasse aux sorcières »

Publié par SAIDICUS LEBERGER  - Catégories :  #BURKINA FASO

Roch Kaboré
Roch Kaboré

Roch Kaboré a répondu présent au Dialogue citoyen organisé par l’ONG Diakonia dans le cadre de l’initiative de suivi de la gouvernance nommée « Présimètre ».

Roch Kaboré a répondu présent au Dialogue citoyen organisé par l’ONG Diakonia dans le cadre de l’initiative de suivi de la gouvernance nommée « Présimètre », ce 26 avril 2016. A cette tribune où le Chef de l’Etat a répondu en direct (sur la RTB Télé) aux préoccupations des citoyens, la question de la Transition et celle de l’armée nationale sont revenues.

Pour ce qui concerne les résultats de l’audit de la Transition, précisément le « recours abusif » aux mesures exceptionnelles de passation de marchés publics, le Président du Faso a noté qu’il y a eu «un irrespect des textes ».

Un irrespect des textes dans des procédures, qui, selon les termes de Roch Marc Kaboré, « somme toute laissent planer le doute sur des possibilités de corruption dans ce genre d’opérations». Quelle sera l’attitude du gouvernement ? Le Président dit s’en référer au « jugement » de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) qui verra s’il faut ou non poursuivre ces irrégularités en justice.

En attendant, Roch Marc Christian Kaboré estime que la Transition n’a pas, sur ce point, atteint les objectifs qui lui étaient fixés. Il les rappelle en ces termes :

« On ne doit pas partager le point de vue qui consiste à dire « avant la Transition c’était comme ça, donc ça doit continuer que pareil ». La bataille que nous avons menée justement, c’est une bataille contre (…) les marchés de gré à gré, les passe-droits, etc. L’objet de la Transition, c’était de ramener les choses dans les règles. Et je crois qu’à ce niveau, il y a eu un grand manquement. (…) C’est le point noir de la Transition ».

Mais les actuels dirigeants n’ont-ils pas une part de responsabilité dans ces irrégularités, étant donné que la majorité des acteurs politiques étaient représentés au sein de la Transition ? Non, répond Roch Kaboré. « On est représenté certainement au sein de la Transition mais nous n’avions pas les mêmes responsabilités », dit-il, en prenant un exemple : « Même s’il y a des ministres qui sont avec moi, il y a des niveaux de responsabilité qui ne dépendent que de moi ».

Blanchiment d’argent

Le Chef de l’Etat a cependant tenu à écarter de cette responsabilité l’affaire des soupçons de blanchiment d’argent de 86 milliards de F CFA. « J’aimerais être suffisamment clair là-dessus, commence-t-il. Les 86 milliards ne relèvent pas de la Transition. C’est une investigation qui a été menée sur cinq années. Il se trouve que c’est maintenant que le point a été fait. Ces dossiers sont au niveau de la justice qui mène ses enquêtes. Et lorsqu’il sera fixé que ce sont des sommes qui ont été frauduleuses, la justice se mettra en action pour que les fautifs soient sanctionnés ».

Ne s’agit-il pas alors d’une sorte de chasse aux sorcières menée contre les autorités de la Transition, précisément contre le Premier Isaac Zida qui semble concentrer sur lui les déboires ? « Ce n’est pas une vision fixe sur le Premier ministre Isaac Zida», assure le Président du Faso, rappelant qu’il s’agit d’une « responsabilité collective du gouvernement ».

Révélation sur Michel Kafando

Du reste, il affirme qu’«il n’y a pas de chasse aux sorcières », précisant que ce n’est pas son pouvoir qui a demandé l’audit. « Le Premier ministre Zida lui-même a dit qu’il souhaiterait ces investigations sur la transition », rappelle-t-il. Roch Kaboré a fait par ailleurs une révélation sur le président de la Transition, Michel Kafando :

« Lorsque je suis arrivé à la Présidence, le Président du Faso avait déjà fait lui-même l’audit de la Présidence. Il m’a remis en disant : « Je m’en vais, j’ai demandé qu’on fasse un audit pour des questions de transparence. Je te remets les conclusions et à vous de voir la suite que vous allez donner ».

Rififi dans l’armée ?

Enfin, la presse fait écho d’une tension entre la justice militaire et de hauts responsables des forces de défense et de sécurité qui refuseraient de se rendre à une convocation de la première dans le cadre de l’enquête sur le putsch du 16 septembre 2015.

Y a-t-il du rififi au sein de l’armée ?demande le journaliste. Le Président du Faso est resté pour le moins évasif dans sa réponse : «Je considère que simplement pour l’instant, aucun gradé ne s’est présenté devant la justice militaire pour le moment. Et donc de ce point de vue-là, je ne pense pas qu’il y ait vraiment du rififi au sein de l’armée ».

Synthèse de Abdou ZOURE
(Burkina2
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